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Grille AGGIR : comment le GIR de votre parent est calculé

Mis à jour le 13 août 2026 · 10 min de lecture · par l’équipe Aider Ses Parents

Transparence : ce guide contient des liens partenaires, signalés comme tels. Ils peuvent nous rémunérer sans surcoût pour vous et n’influencent pas nos comparatifs. Notre méthode

Le GIR est le chiffre le plus important du dossier de votre parent. Il décide de l’ouverture du droit à l’APA, du montant du plan d’aide, et même de vos propres droits en tant qu’aidant salarié. Il se détermine au cours d’une seule visite à domicile, sur dix variables. Comprendre lesquelles, et comment elles se codent, change souvent le résultat.

Ce que mesure la grille, et ce qu’elle ignore

La grille AGGIR ne mesure pas une maladie, ni un handicap, ni un niveau de souffrance. Elle mesure une seule chose : ce que la personne fait effectivement seule, au moment de l’évaluation. Un parent capable de se laver mais qui ne le fait plus sans qu’on l’y pousse est évalué sur ce qu’il fait, pas sur ce qu’il pourrait faire.

C’est la source du malentendu le plus fréquent lors des visites. Les familles décrivent les diagnostics, l’évaluateur cherche des actes. Préparer la visite consiste à traduire l’un dans l’autre.

Le vocabulaire officiel

AGGIR signifie Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources. « Iso-ressources » veut dire que les personnes d’un même groupe mobilisent un volume d’aide comparable. Le GIR n’est donc pas une note de gravité, c’est un indicateur de besoin d’accompagnement.

Les 10 variables qui comptent vraiment

Sur les 17 items de la grille, dix sont dites discriminantes : elles seules déterminent le GIR. Les sept autres, dites illustratives, servent à construire le plan d’aide mais n’influencent pas le classement.

Les 10 variables discriminantes, celles qui déterminent le GIR
VariableCe que l’évaluateur observe
CohérenceConverser et se comporter de façon sensée
OrientationSe repérer dans le temps, les moments de la journée, les lieux
ToiletteSe laver le haut et le bas du corps
HabillageS’habiller, se déshabiller, se présenter
AlimentationSe servir et manger les aliments préparés
ÉliminationAssurer l’hygiène de l’élimination urinaire et fécale
TransfertsSe lever, se coucher, s’asseoir
Déplacements à l’intérieurSe déplacer dans le logement, avec ou sans aide technique
Déplacements à l’extérieurSortir à partir de la porte d’entrée
Communication à distanceUtiliser téléphone, alarme, sonnette pour alerter

Les 7 variables illustratives

Gestion du budget et des papiers, cuisine, ménage, transports, achats, suivi du traitement, activités de loisir. Elles ne modifient pas le GIR, mais elles pèsent sur le contenu du plan d’aide. Ne les négligez pas pendant la visite : c’est là que se décident les heures d’aide ménagère et l’accompagnement aux courses.

L’erreur qui coûte le plus cher

Beaucoup de familles se concentrent sur la mémoire et les diagnostics, qui relèvent surtout de deux variables. Les transferts, les déplacements et l’élimination pèsent lourd et sont souvent sous-déclarés par pudeur, en particulier l’incontinence. Un parent qui minimise ses difficultés devant un inconnu fait mécaniquement baisser son classement, donc son plan d’aide.

Le codage A, B, C : tout se joue sur une nuance

Chaque variable reçoit une lettre. La définition officielle est plus exigeante que ce que l’on imagine.

Ce que recouvre chaque code
CodeDéfinition officielleExemple concret
AFait seul, spontanément, totalement, habituellement et correctementSe lave chaque jour, sans qu’on le lui demande, correctement
BFait seul, mais pas spontanément, ou partiellement, ou pas habituellement, ou pas correctementSe lave seul mais uniquement si on l’y incite, ou seulement le haut du corps
CNe fait pas seulA besoin de la présence d’un tiers pour la toilette

Les cinq adverbes de la définition de A sont cumulatifs. Il suffit qu’un seul manque pour basculer en B. C’est le point que les évaluateurs vérifient le plus finement, et celui que les familles expliquent le moins bien.

La formulation qui fait la différence

Dire « il se lave » conduit à un A. Dire « il se lave si je l’appelle tous les matins pour le lui rappeler, et il oublie le bas du corps » décrit exactement un B. Les deux phrases décrivent la même personne. Une seule décrit la réalité de l’aide apportée.

Les six niveaux, et ce qu’ils ouvrent

Les groupes iso-ressources et leurs conséquences
GIRSituation typeDroit à l’APA
GIR 1Confinement au lit ou au fauteuil, fonctions mentales gravement altérées, présence indispensable en continuOui, plan d’aide maximal
GIR 2Confinement au lit ou au fauteuil avec fonctions mentales partiellement préservées, ou déplacements possibles mais fonctions mentales altéréesOui
GIR 3Autonomie mentale conservée, autonomie motrice partielle, aide corporelle plusieurs fois par jourOui
GIR 4Besoin d’aide pour le lever, le coucher, la toilette et l’habillage, mais déplacements possibles à l’intérieurOui
GIR 5Aide ponctuelle pour la toilette, la préparation des repas et le ménageNon
GIR 6Autonomie pour tous les actes essentiels de la vie couranteNon

GIR 5 ou 6 ne veut pas dire rien

Le refus d’APA n’est pas une fin de parcours. Les caisses de retraite proposent leurs propres plans d’aide à domicile pour les GIR 5 et 6, souvent méconnus et sous-demandés. Le crédit d’impôt de 50 % sur les services à la personne s’applique sans condition de GIR, et MaPrimeAdapt' finance l’adaptation du logement sur critères de ressources, pas de dépendance.

Préparer la visite d’évaluation

L’évaluation se déroule au domicile, en présence d’un membre de l’équipe médico-sociale du conseil départemental. Elle dure en général une heure. Ce qui s’y dit détermine des mois de plan d’aide.

  1. Tenez un journal des difficultés pendant deux semaines

    Notez chaque jour ce que vous avez dû faire à la place de votre parent, ou lui rappeler. Les repas sautés, les vêtements portés plusieurs jours, les nuits agitées, les chutes évitées. Ce document factuel vaut mieux que tout ce que vous direz de mémoire le jour J.
  2. Soyez présent, sans parler à sa place

    Votre présence est un droit et elle est utile, car votre parent minimisera probablement ses difficultés. Laissez-le répondre, puis complétez factuellement. Contredire frontalement le met en difficulté et fausse l’échange.
  3. Décrivez une journée complète, heure par heure

    Du réveil au coucher. C’est la méthode la plus efficace pour faire apparaître les aides invisibles : l’incitation à la toilette, la préparation des médicaments, la surveillance nocturne.
  4. Ne cachez pas les sujets gênants

    L’incontinence, les troubles du comportement, les épisodes de désorientation. Ce sont des variables discriminantes qui pèsent lourd. Les taire par pudeur, c’est renoncer à une part du plan d’aide.
  5. Préparez les documents médicaux

    Comptes rendus d’hospitalisation, ordonnances en cours, courrier du médecin traitant décrivant les besoins d’aide. Un certificat qui décrit la vie quotidienne pèse plus qu’un diagnostic seul.

Estimez avant la visite

Notre simulateur de GIR reprend les dix variables discriminantes et leur codage officiel. Il ne remplace pas l’évaluation, mais il vous montre où se situe votre parent et surtout quelles variables sont déterminantes dans son cas, pour que rien ne soit oublié pendant la visite.

Contester un classement

Un GIR 5 attribué à une personne qui a manifestement besoin d’aide quotidienne se conteste. Le recours gracieux s’adresse au président du conseil départemental dans les deux mois suivant la notification.

  • Joignez un certificat médical circonstancié décrivant les besoins d’aide concrets, pas seulement les pathologies.
  • Ajoutez votre journal des difficultés et, si possible, les observations d’un professionnel intervenant déjà à domicile.
  • Demandez explicitement une nouvelle évaluation à domicile plutôt qu’un simple réexamen sur pièces.
  • Une réévaluation peut aussi être demandée à tout moment en cas d’aggravation, sans attendre l’échéance annuelle. Une hospitalisation ou une chute justifient une demande immédiate.

Le GIR conditionne aussi vos propres droits. Un classement en GIR 1 à 4 ouvre l’accès au congé de proche aidant et à l’AJPA. Une fois le GIR obtenu, notre guide de l’APA à domicile détaille les montants par groupe et la construction du plan d’aide. Si la question de l’établissement se pose, le coût réel d’un EHPAD dépend lui aussi directement du GIR.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la grille AGGIR ?

AGGIR signifie Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources. C’est l’outil officiel d’évaluation de la perte d’autonomie des personnes de 60 ans et plus. Elle comporte 17 variables, dont seulement 10 servent réellement au calcul du GIR. L’algorithme de classement est fixé à l’annexe 2-2 de l’article R. 232-3 du code de l’action sociale et des familles.

Quels sont les 6 niveaux de GIR ?

Le GIR 1 correspond à la dépendance la plus lourde (personne confinée au lit, fonctions mentales gravement altérées, présence continue indispensable) et le GIR 6 à l’autonomie pour tous les actes essentiels. Entre les deux : GIR 2 (confinement au lit ou altération mentale avec déplacements possibles), GIR 3 (autonomie mentale mais besoin d’aide corporelle plusieurs fois par jour), GIR 4 (aide pour le lever, la toilette, l’habillage), GIR 5 (aide ponctuelle pour la toilette, les repas, le ménage).

À partir de quel GIR a-t-on droit à l’APA ?

Les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l’allocation personnalisée d’autonomie. Les GIR 5 et 6 n’y donnent pas droit, mais ne laissent pas sans solution : les caisses de retraite proposent leurs propres aides à domicile, et le crédit d’impôt de 50 % sur les services à la personne s’applique quel que soit le GIR.

Que sont les codes A, B et C ?

Chaque variable est codée A quand l’acte est fait seul, spontanément, totalement, habituellement et correctement. B quand il est fait seul mais partiellement, ou non habituellement, ou non correctement. C quand il n’est pas fait seul. La nuance entre A et B est décisive : une personne qui se lave seule mais qu’il faut inciter chaque matin relève de B, pas de A.

Peut-on contester le GIR attribué ?

Oui. Vous pouvez demander un recours gracieux auprès du président du conseil départemental dans les deux mois suivant la notification, en joignant des éléments médicaux et un descriptif précis des difficultés quotidiennes. Un certificat du médecin traitant décrivant les besoins d’aide réels pèse souvent plus qu’une contestation de principe. En cas de refus, le recours contentieux relève du tribunal judiciaire.

Peut-on calculer soi-même le GIR de son parent ?

Vous pouvez obtenir une estimation utile pour vous préparer, mais pas un classement officiel. Seule l’équipe médico-sociale du conseil départemental établit le GIR qui fait foi, au terme d’une visite à domicile. Une estimation préalable reste précieuse pour savoir si le dossier vaut la peine d’être déposé et pour ne rien oublier le jour de la visite.